Que faire dans le quartier de Gion ?

Gion est l’un des quartiers de Kyoto, certainement le plus représentatif de la culture geisha et le mieux conservé. C’est aussi le plus touristique et si le lieu est vraiment intéressant, la concentration de touristes nous a un peu gâché l’expérience, bien que nous en faisions partie.

 

Petite précision si vous ne le saviez pas encore : depuis 2023, il est interdit de prendre les geishas en photo ou de les embêter. Si vous avez la chance d’en croiser une, ce seront d’ailleurs sûrement des maikos que vous apercevrez. Laissez-vous donc porter par l’ambiance et plongez dans l’ancien Japon, ça vaut le détour.

Hanamikoji-dori, la rue des geiko et maiko

Commençons par Hanamikoji-dori et les geishas. Nous avons eu la chance d’en entrepercevoir une vraie monter dans une voiture,  sachez qu’elles sont aujourd’hui très peu nombreuses et ne se concentrent que sur quelques rues.

 

À l’origine, le quartier de Gion a été construit pour accueillir les voyageurs en halte au sanctuaire Yasaka, avant qu’il évolue pour devenir le QG des geishas de Kyoto.

 

Hanamikoji-dori est la rue la plus connue et la plus emblématique, située dans la partie sud du quartier, entre Shijo, le théâtre de Gion Kobu Kaburenjo et le temple Kennin-ji. C’est là, sur ce kilomètre d’architecture traditionnelle préservée, que vous aurez le plus de chances d’en croiser. À la nuit tombée, les geikos et maikos de Gion arpentent brièvement la rue, allant de leur okiya (leur lieu de vie) aux maisons de thé ochaya où elles exercent.

 

Petit point règlement : depuis 2019, la photographie est interdite dans les ruelles privées du quartier, avec une amende à la clé. Depuis avril 2024, l’accès à ces ruelles est même normalement interdit aux touristes. Sur les axes publics comme Hanamikoji Main Street, la photo reste tolérée, mais s’il vous plait, respectez les et éviter de la toucher, de vous coller à elle ou de mettre votre smartphone sou son nez. Elle reste un être humain, pas un animal de foire.

 

Et attention à ne pas confondre maikos (les élèves), geishas et touristes déguisées ; j’ai vu beaucoup d’Occidentaux prendre des photos des chinoises pensant que c’étaient des Geishas.

 

Si vous n’en apercevez aucune, pas de frustration : les rues valent largement le détour en elles-mêmes.

QUE FAIRE DANS LE QUARTIER DE GION_KYOTO_ Hanamikoji-dori_A PAS DE DINO

Le rôle des Geishas

Petit rappel historique : à l’origine, les geishas étaient là pour divertir à travers l’art et la culture. Formation exigeante au programme : danses, chant, musique, avec la maîtrise du shamisen (instrument à cordes) et du taiko (tambour).

 

Mais une geisha, c’est aussi une hôtesse de grande qualité : cérémonie du thé, jeux, poésie, calligraphie, art de la conversation… sans oublier une culture générale particulièrement riche.

 

Elles étaient souvent conviées aux banquets ; les ozashiki, en tant que dames de compagnie, chargées de servir le saké et de divertir une clientèle noble.

Confusion entre Geisha et prostitution

Je vous le dis tout de suite : une geisha n’est pas une prostituée, contrairement à ce que les Occidentaux ont longtemps cru et continuent parfois de croire. D’ailleurs, cette pratique est officiellement exclue de la profession depuis le 18e siècle.

 

La confusion vient de plusieurs facteurs. Les geishas et les prostituées partageaient les mêmes quartiers ; les kagai, ces rues dédiées au plaisir, et fréquentaient les mêmes maisons de thé, au service d’une clientèle fortunée. Bien qu’officiellement exclues du métier, les faveurs sexuelles existaient malgré tout : à l’ère Edo, il était courant d’y avoir recours, et la virginité des geishas pouvait même se monnayer au prix fort.

 

Par ailleurs, certaines prostituées de haut rang adoptaient des codes vestimentaires et un maquillage similaires à ceux des geishas, entretenant ainsi la confusion entre les deux professions.

 

Quoi qu’il en soit, la prostitution ne fait pas partie des fonctions des geishas aujourd’hui. Gardez bien ça en tête.

Shirakawa, le canal bucolique

La Shirakawa est une rivière qui traverse le quartier de Gion avant de se jeter dans la Kamo-gawa. Vous pouvez vous y balader le long du canal, bordé de restaurants dont les salles donnent directement sur l’eau, que l’on rejoint en franchissant de charmants petits ponts.

 

Au printemps, les cerisiers en fleurs longent le canal, et à l’automne, les feuilles virent à l’orange et au rouge, deux très bonnes raisons d’y revenir selon la saison.

 

La balade mène jusqu’au minuscule sanctuaire Tatsumi-jinja. Vous pouvez ensuite enchaîner avec la rue Shinbashi-dori, en général moins fréquentée par les touristes mais tout aussi traditionnelle.

QUE FAIRE DANS LE QUARTIER DE GION_KYOTO_ Shirakawa_A PAS DE DINO

Le sanctuaire Yasaka-jinja

Yasaka-jinja est un sanctuaire shinto situé au bout de la vaste avenue commerçante Shijo-dori. Il est célèbre pour accueillir le passage du Gion Matsuri depuis l’avenue Shijo-dori, ainsi que pour les célébrations du Nouvel An.

 

Si vous avez le temps de le visiter en deux fois, prenez la peine d’y retourner de nuit lorque ses  lanternes sont allumées.

Adresse : 625 Gionmachi Kitagawa, Higashiyama Ward, Kyoto, 605-0073, Japon

 

Horaires :

Accès libre

 

Prix : gratuit

 

Accès : 

  • En bus avec les n°12, 46, 100, 201, 202, 203, 206 ou 207, arrêt Gion

    Depuis la gare, les n°100 ou 206)

  • En train : Ligne JR, station Shijo puis 5 minutes à pied

Le parc Maruyama​

Si vous êtes à Kyoto en avril et que les cerisiers en fleurs sont dans votre programme, le parc Maruyama est l’endroit idéal. Situé juste derrière le sanctuaire Yasaka, dans le quartier de Higashiyama à l’est de la ville, c’est un espace vert public accessible à tous.

Le parc propose plusieurs jardins, des aires de pique-nique et des restaurants, dont un établissement triplement étoilé au guide Michelin. Au printemps, il accueille également un magnifique festival de lanternes.

Nous n’avons malheureusement pas pu y aller, mais si vous en avez l’occasion, ça vaut clairement le détour.

Adresse : Maruyamacho, Higashiyama Ward, Kyoto, 605-0071, Japon

 

Horaires :

Accès libre

 

Prix : gratuit

 

Accès : 

  • Depuis la gare de Kyoto , prenez les bus 100 ou 206 qui passent par l’arrêt Gion. Le parc Maruyama est alors à quelques minutes de marche.

Kennin-ji, le plus vieux temple de Kyoto

Kennin-ji est un temple un peu spécial. Situé tout au bout de Hanamikoji (côté sud), il s’agit non seulement du plus vieux temple zen de Kyoto mais il est aussi connu pour son plafond peint représentant des Dragons Jumeaux, réalisé par Koizumi Junsaku et installé en avril 2002 pour célébrer les 800 ans du temple. Comme de nombreux temples, vous pourrez également profiter de ses jardins : le jardin sec (karesansui Daioen), le jardin carré et son arbre central, ainsi que la deuxième cour carrée Choontei, composée de trois grosses pierres, de mousses et d’érables.

L’entrée est payante mais modeste.

Personnellement, nous ne nous y sommes pas rendus, impossible de visiter tous les temples du Japon, mais c’est une belle alternative aux temples plus classiques.

Assister au festival Gion Matsuri

Si vous êtes à Kyoto sur le mois de juillet, sachez que c’est à cette période que se déroule le Gion Matsuri, l’un des plus grands festivals du Japon, qui date de plus de 1 000 ans. Il se tient chaque année autour du sanctuaire Yasaka et anime tout le quartier pendant plusieurs semaines. Il est issu d’un rite pour lutter contre la peste et autres catastrophes naturelles qui ravageaient la région autrefois.

 

Le clou du spectacle : les parades colorées où défilent d’imposants chars décorés, les yamaboko, au son des flûtes et tambours traditionnels.

 

Ne manquez pas non plus les soirées yoiyama qui précèdent les grands défilés, les habitants ouvrent leurs maisons pour exposer des trésors familiaux, une tradition appelée byobu matsuri.

 

Profitez-en pour goûter aux spécialités vendues dans les stands éphémères, comme le chimaki, une amulette comestible en forme de zongzi, les okonomiyaki à la mode de Kyoto, des sucreries yatsuhashi ou des kakigori (glace râpée) fabriqués localement.

Se rendre aux boutiques d'artisanat

Le quartier de Gion est idéal pour trouver des idées cadeaux ou souvenirs d’artisanat traditionnel japonais. Le long de Shijo-dori et dans les ruelles adjacentes à Hanamikoji, on trouve des boutiques spécialisées proposant des éventails (sensu), des textiles (kimono, tissus teints), de la poterie, des objets laqués… Ce sont souvent des maisons qui existent depuis des générations. Vous y trouverez certainement votre bonheur.

Déguster du wagashi

Les wagashi sont des pâtisseries japonaises traditionnelles, souvent à base de pâte de haricots rouges (anko), d’agar-agar ou de riz gluant. Très esthétiques, elles représentent des fruits, des feuilles ou des fleurs, arborent des couleurs pastel adorables. Moins sucrées que des pâtisseries occidentales, elles sont traditionnellement associées à la cérémonie du thé et se dégustent généralement avec du thé vert matcha.

 

Quelques maisons réputées du secteur proposent de déguster un wagashi avec un thé matcha sur place, dans un cadre traditionnel, une belle pause pendant la balade.